J'ai testé organiser une marche écolo

Publié le par Sophie

C’est sur Facebook en groupe privé que j’ai lancé les invitations pour cette 1ère édition de marche écologique ou « Cleanwalk » à Saint-Urbain. Notre terrain de jeu : les fossés de la route de campagne qui mène jusqu’à l’échangeur de Daoulas. Celle que j’emprunte tous les jours pour aller au travail. Celle que désormais je connais par cœur, ayant scruté les moindres bas-côtés, calculé la visibilité au degré près de chaque virage (histoire de ne pas avoir d’ « écrasés » sur la conscience) pendant des jours et des jours, jusqu’au Jour-J !

« Mince, il n’y aura rien à ramasser… » M’inquiétais-je régulièrement auprès de mon covoitureur. « Tu devrais être contente ! », me répondait-il invariablement sur le ton de la plaisanterie. De la voiture, je ne voyais rien qui ressemblasse à du plastique ou de l’aluminium… « Il y aura bien quelques mégots à glaner… » Me rassurais-je.

Comme quoi on a tort de s’inquiéter pour des choses que ne sont pas encore arrivées, et qui probablement n’arriveront jamais… Puisque sur 2,5 km, nous avons amassé pas moins de 25 kg d’ordures !  25 kg  de bouteilles en plastique, en verre, canettes, paquets de clopes, jeux à gratter, morceaux de voiture (pare-chocs, enjoliveurs, tapis de sol…), bout d’antenne parabolique, sac d’aliments pour cochon, etc. Et des mégots en veux-tu, en voilà ! 

Nous n’étions pas encore partis du parking de l’échangeur que déjà nous avions rempli un sac ! « Mais c’est dingue quand même ça ! » s’écrie Nelly. « Qu’est-ce que les gens sont crades. » renchérit Micka. La plupart de mes « serial-cleaners *» ne se connait pas encore, mais les cochonneries trouvées en cours de route vont être l’occasion de se raconter, notamment grâce à de savoureuses anecdotes d’éco-citoyens Vs d’irréductibles pollueurs. Jean-Yves raconte : « J’étais coincé dans un bouchon du côté de Concarneau, à cause d’un accident de voiture. Ça faisait 3 plombes qu’on attendait. Et y’a le type de devant qui balance sa clope dehors. Genre normal quoi ! … ça m’a tellement énervé. Je suis descendu de bagnole. Je me suis baissé pour prendre le mégot. Je lui ai fait signe de baisser sa vitre et lui ai tendu sa cigarette encore brûlante en lui disant : « Tenez, c’est à vous ! » Si vous aviez vu sa tête ! Il restait là comme un gland à regarder sa clope, puis à me regarder... Je suis parti comme ça, sans rien dire d’autre… MouhahaHAHAHA !! »

 

Je n’ai pas vu le temps passer qu’on avait déjà rempli tous nos sacs avant même d’arriver en centre bourg de Saint-Urbain. Je suis très fière de mes amis, motivés par le ramassage de déchets, conscients des enjeux écolos actuels et futurs, amoureux de la nature et du vivant, et fans de La Mignonne et des gâteaux au chocolat et ceux aux citrons.. ! Aujourd’hui, j’avoue ne plus vouloir « comprendre » les gens qui jettent dans la nature. C’est tellement égoïste et dégoûtant. Si tout le monde faisait comme eux… notre belle planète bleue virerait vite maronnasse… 

La prochaine fois je tente une marche écolo en mode « publique » ou une opération « Zéro mégot à Landerneau ». Gardez l’œil ouvert et d’ici là, je vous encourage à initier dans votre quotidien une routine cleanwalk / plogging !

 

(*) Merci à Jess pour cette info à La ville de Brest encourage depuis 2012 ses habitants à participer à la propreté des espaces urbains et de la voirie en rejoignant la communauté « Serial cleaner ». Ils ont même publié un guide de propreté que je vous invite à feuilleter !

Et merci à Gwen pour l'étape surprise dans un bar clandestin (à découvrir dans un prochain article... Et non, je ne dévoilerai JAMAIS l'adresse ! gnark gnark)

 

La durée de vie des déchets dans la nature :

  • Mouchoir en papier : 3 mois

  • Papier journal : de 6 à 12 mois

  • Allumette : 6 mois

  • Ticket de bus ou de tramway : environ 1 an

  • Papier de bonbon : 5 ans

  • Chewing-gum : 5 ans

  • Canette : de 10 à 100 ans

  • Sac en plastique : 450 ans

  • Bouteille en plastique : 100 à 1000 ans

  • Briquet plastique : 1 siècle

  • Et un mégot de cigarette jeté dans la nature sera encore là pendant 12 ans ! Il est susceptible à lui seul de polluer 500 litres d’eau, la rendant impropre à la consommation.

 

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