J'ai testé les tranchées d'entrainement de Plouédern

Publié le par Nelly

 Ils avaient à peine 20 ans…Ils n’ont rien demandé et pourtant alors qu’ils étaient encore des enfants ils ont servi la France. Beaucoup d’entre eux ne reviendront pas dans le cocon familial et leurs mères ne pourront plus jamais les serrer dans leurs bras.

 

Lors de la grande guerre ils étaient nommés les bleuets. Dans le langage des fleurs, le bleuet symbolise la délicatesse et la timidité et est « le messager de tous les sentiments purs, naïfs ou délicats ».  Sans doute nos bleuets avaient-ils des sentiments purs avant de partir pour la grande guerre et sans aucun doute certains devaient être timides.


Nous pouvons lire dans un article de la Dépêche de Brest du 23 mai 1916 :


« À Landerneau, où se trouve le dépôt du 128e régiment d'infanterie, les bleuets, recrutés pour la plupart dans la Somme, s'exercent quotidiennement sur le plateau de Pencran. Ils y ont creusé plusieurs lignes de tranchées en tout point semblables à celles qui sont construites sur le front. »


A Pencran pas de signe de ces tranchées, mais à Saint-Urbain les vestiges d’un champ de tirs sont visibles, et à Plouédern des fossés sont bien là.

 

En parcourant ces tranchées d’entraînement situées au lieu-dit Kergoat, au sud de Plouédern et à proximité immédiate de Landerneau, je ne peux m’empêcher de penser à mon fils et j’imagine des jeunes de son âge s’entraîner avant d’aller sur le front. Je suppose leur peur au ventre, leur sensation d’être seuls au monde même si d’autres sont dans la même situation. Cette peur de la mort, de comprendre que pour la combattre il faut soi-même la donner.  Comment peut-on accepter cet état de fait ? Où trouvaient-ils l'énergie pour commencer une nouvelle journée ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu plus de désertions? C’est un courage qui me dépasse… Savaient-ils qu'ils allaient vivre l'horreur : le froid, la boue, la faim, l'odeur des cadavres...

 

Longueur droite maximum de la tranchée avant une courbe

 

Je longe ces tranchées aujourd'hui centenaires et jonchées de feuilles. Elle n’ont presque pas subi les affres du temps et de l’urbanisation. En 2014, ce site  a été réhabilité à l’initiative de l’association DOURDON.

 

Les tranchées avaient une profondeur d'environ 2 à 3 mètres qui permettaient aux hommes de circuler debout sans être inquiétés des tirs de l'ennemi. En arpentant celles de Plouédern, je m'aperçois tout de suite que leur profondeur est de 1,5  mètre et seulement à un endroit de 2 mètres. Je ne les trouve pas si profondes. Ces boyaux étaient-ils construits à l'identique de ceux de la Somme ou de Verdun ?  Hélas, aucun document iconographique de ce site n'existe...

 

Les excavations n'étaient jamais en ligne droite mais étaient creusées en courbe pour éviter les tirs en enfilade et réduire les effets d'un obus tombant dans la tranchée. Je marche, en effet, en zigzaguant pour découvrir la totalité du site.

 

Photo à droite: Je suis dans la tranchée à l'endroit le plus profond

 

Il est bizarre de penser que des hommes se sont entrainés ici et qu'ils sont partis ensuite sur le front... Je me promène en pensant à eux. C'est une opportunité de venir raconter la grande guerre à nos enfants en marchant un sol qui a été foulé par des soldats il y a plus de 100 ans.

 

Cette opportunité peu l'ont. En effet, Il devait exister des camps d'exercices près des centre de garnison mais ils ont été recouverts, comblés quelques années après la guerre. En 2013,  des tranchées d'entraînement aux Sablonnières à Chambon-sur-Cisse près de Blois ont été reconnues officiellement. Elles étaient alors uniques.

 

Tranchées de Plouédern

 

Vous trouverez plus d'informations sur le site de l'association de l'histoire locale du Pays de Landerneau-Daoulas : DOURDON  http://www.dourdon.org/

 

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Audrey 14/09/2017 01:45

Brrr...